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L'actualité juridique et économique des acteurs du numérique par Simon Associés
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Le financement de la Legaltech en 2019

Actualité

Le 18 septembre, Emmanuel Macron a annoncé lors du France Digital Day la création du NEXT40 ainsi que du FT120. Ces programmes pilotes permettront à 40, puis 120 startups de la French Tech de bénéficier d’un accompagnement spécifique de la part de l’Etat. Ils ont pour objectif de faire émerger en France des géants innovants permettant de faire rayonner l’innovation à la française dans le monde.



Cette vague d'engouement devrait affecter la plupart des secteurs porteurs en France. Parmi eux, nous retrouvons celui des technologies juridiques (dites “Legaltech”). En effet, l’écosystème français s’est développé à grande vitesse, jusqu’à devenir le 2ème écosystème mondial derrière les Etats-Unis, avec près de 300 acteurs. Pourtant, on ne retrouve aucune Legaltech dans le NEXT40, et il est fort probable que dans un premier temps on n’en retrouve aucune dans le FT120. Au mieux, l’écosystème sera représenté à la marge.

Face à ces prédispositions, il est légitime de se demander pourquoi l’écosystème des Legaltech en France peine à se faire remarquer par les fonds et à prendre de l’envergure, à la manière de ses homologues américains.

Etat du secteur français

Si ces dernières années quelques Legaltech françaises ont réalisé de belles levées (LegalStart, Doctrine, Hyperlex et désormais Legal Place), les montants et la fréquence sont sans commune mesure avec ce que l’on peut observer aux Etats-Unis, et même paradoxalement chez nos voisins anglais. C’est ce qui ressort d’un recensement effectué pour LawSites en septembre 2019 : la majorité des acteurs présents sont originaires d’Amérique du Nord ou du Royaume-Uni, une seule start-up française, LegalStart, a réalisé une levée suffisante pour être modestement présente en queue de classement.

Depuis 3 ans, le Cabinet Simon Associés a mis en place une veille sur le secteur et a recensé et étudié la quasi-totalité des acteurs du marché, soit environ 250 Legaltech. À partir de ce recensement, a été faite une analyse de l’écosystème de laquelle il ressort une forte croissance et une évolution nette du public visé.

L’écosystème français, très jeune, est très actif et de nombreuses initiatives ont cours. On peut citer à ce titre le Village de la Legaltech qui se tient chaque année depuis 3 ans en novembre et qui réunit les professionnels du droit et les acteurs du secteur. Son succès grandissant est signe d’une appétence croissante pour les technologies juridiques.

Les barreaux français se sont également saisis de la question en créant des incubateurs qui ont pour objectif de soutenir les initiatives technologiques dans le domaine du droit.

En outre, à l’occasion du lancement de la version bêta de Légifrance, Cédric O, Secrétaire d’Etat chargé du Numérique, a rappelé que « L'Etat et les Legaltech ne sont pas en compétition. Elles apportent une plus-value. Nous, notre fonction c'est de mettre à disposition le droit, ce n'est pas de créer les services juridiques qui y sont rattachés ». À cette occasion, il a pointé le problème de l’accessibilité au droit, or un certain nombre de Legaltech, sur un modèle BtoC (Business to Consumer), répondent à cette problématique.

Cela étant, depuis environ 2 ans la tendance est plutôt au BtoB (Business to Business), avec une volonté d’offrir aux professionnels du droit des services permettant de faciliter l’exercice de leur profession et d’améliorer leur productivité.

En France, on compte 100 000 professionnels du droit, toutes professions confondues, auxquels s’ajoutent 200 000 emplois liés. Le marché est estimé à 32 milliards d’euros. Il y a donc un réel marché du droit à conquérir pour ces acteurs, qui participent d’ailleurs d’ores et déjà à son expansion.

Pour autant et malgré un contexte économique favorable, l’écosystème français semble souffrir d’un déficit d’investissements, contrairement à la Fintech par exemple.

Cela peut s’expliquer par un défaut de maturité, la Legaltech a émergé en France en 2013 avec une explosion depuis 2015, comparativement aux Etats-Unis il y a un décalage de 10, voire 15 ans.

Se pose également la question des acteurs de la Legaltech, une majorité d’entre eux sont des startups, les acteurs traditionnels ne se saisissant du sujet que très récemment, ce qui a pu être un frein à d’importantes levées de fonds. À ce titre, l’Observatoire permanent de la Legaltech, disponible sur le site du Village de la Justice, est un bon indicateur d’une évolution du type d’acteurs dans le secteur.


Source : l’Observatoire permanent de la Legaltech - Village de la Justice


En outre, malgré de bonnes initiatives en ce sens, à titre d’exemple celle de France Digitale qui a annoncé en juillet la création d’un groupe réunissant les pépites de la Legaltech, l’écosystème peine encore à se structurer.

Il est vrai que l’offre est très hétérogène, tant dans les solutions qu’elle propose que dans les modèles choisis et le public visé.

En outre, l’accueil fait dans un premier temps à la Legaltech par une grande partie des professionnels du droit a pu être un frein à la mise en place d’une réelle dynamique.

Enfin, il faut souligner que tout secteur confondu la France, de par ses particularités culturelles, peine souvent à faire émerger des acteurs internationaux. Les annonces du Président Macron et des membres du Gouvernement sont sur ce point une bonne nouvelle et vont permettre, c’est en tout cas à espérer, de répondre à cette problématique.

Ainsi, il est souhaitable que les Legaltech françaises puissent, à moyen terme, rattraper, toutes proportions gardées, les Legaltech américaines. À tout le moins et de manière plus réaliste, les Legaltech du Royaume-Uni qui, il est bon de le rappeler, ne bénéficient pas d’un écosystème aussi bouillonnant et subissent la concurrence directe des acteurs outre-Atlantique.

Etat du secteur américain

Le marché des technologies juridiques américain est assez différent du marché français, aussi bien par la nature du droit et du marché que par l’identité et la taille des acteurs.

Tout d’abord, contrairement au droit français, basé sur le droit romain, le monde anglo-saxon est régi par ce que l’on appelle la “Common Law”.

Cette conception différente du système juridique entraîne une activité beaucoup plus importante dans les litiges. C’est d’ailleurs cette spécificité qui a permis à l’écosystème Legaltech d’émerger aux Etats-Unis au début des années 2000, notamment sur la Discovery. Cette étape de recherche préliminaire en amont des procès est particulièrement coûteuse et chronophage pour les cabinets dans un contexte de recherche d’une hausse de productivité. Ainsi la présence d’opportunités d’économies et de gains d’efficacité pour les cabinets ont permis au marché de rapidement prendre de l’ampleur.

Avec ses deux décennies d’ancienneté, le marché s’avère être bien plus mûr que de l’autre côté de l’Atlantique. En effet, des entreprises ayant plus de 10 ans d’existence font désormais des tours de table de plusieurs centaines de millions de dollars (ex : LegalZoom a levé 500M$ en juillet 2018 - désormais valorisée à 2 milliards de dollars et travaillant avec 4 millions de clients), et nous avons même pu observer la première entrée en Bourse d’une Legaltech avec Docusign (Avril 2018). Pour ces raisons, les attentes du marché sont différentes. Les trois priorités sont la Cybersécurité, l'Interopérabilité des logiciels et l’Ergonomie des logiciels, alors que nous sommes encore sur le sujet de gain d’efficacité en France.


Source : 713 % Growth : Legal Tech Set An Investment Record In 2018 – Forbes


Au-delà de la maturation du secteur américain, la nature des acteurs se révèle être un véritable élément différenciant.

De gros éditeurs de logiciels ont vu très tôt l’intérêt du secteur, et l’on retrouve quelques entreprises qui disposent d’énormément d’influence sur le marché juridique : Relativity, Lexis Nexis et WestLaw.

En outre, des avocats ou des cabinets d’avocats sont de manière presque constante dans l’équipe fondatrice, on retrouve aussi fréquemment des serial entrepreneurs. C’est le cas de la nouvelle pépite du secteur, Atrium. Cette jeune entreprise fondée en 2017, qui facilite la conception de contrats commerciaux et de document pour les levées de fonds, a été portée par Justin Kan, le fondateur du géant du streaming Twitch, et Augie Rakow, un ancien avocat de chez Orrick. Elle a levé 65 millions de dollars auprès des plus prestigieux fonds (Andressen Horowitz, Y Combinator) en septembre 2018 pour continuer à se développer.

Enfin, les américains ont une sectorisation historique du secteur qui n’existe pas chez nous. D’un côté les Legaltech qui sont des technologies juridiques étant supports aux cabinets d’avocats, et les LawTech, qui sont un outil de démocratisation du droit à destination des petites entreprises et des particuliers.

Les leviers de croissance

Quand on compare la vivacité du secteur français et l’écart de soutien financier par rapport au secteur américain, des questions se posent.

La réalité est la suivante : la France n’attire pas les fonds aussi bien que les Etats-Unis, y compris dans un secteur dynamique et porteur. L’objectif même du plan annoncé par Emmanuel Macron est d’encourager les investissements “scale-up” (troisième tour de table, dédié au Capital Développement).

Il est aussi important de rappeler que le marché français est 5 fois moins grand que celui de ses homologues américains. La différence est encore plus notable quand on se penche sur la taille du marché juridique. En 2016 elle est de 32 milliards de dollars en France (Cercle Montesquieu) et de 160 milliards de dollars aux Etats-Unis (Statista). Au contraire le marché européen suit de près la taille du marché américain avec une estimations 169,3 milliards (Market Research).

Une Legaltech ambitieuse se doit donc de viser le marché européen. La France n’est que la première marche du marché juridique.

Cette réalité du marché complexifie la tâche de la plupart des Legaltech car le droit n’est pas identique entre les pays d’Europe, malgré le socle commun posé par l’Union Européenne.

Cette prérogative du marché actuel entraîne deux conséquences :

  • Les Legaltech sont contraintes de développer une brique technologique plus flexible que leurs homologues américains si elles veulent “scale-up” ;
  • La tendance lente mais certaine de l’uniformisation du droit européen va permettre de créer de grosses opportunités sur le marché des Legaltech européennes.

Par ailleurs, à ceux qui utilisent l’argument de la taille du marché du droit commun comme frein au développement international, nous aimerions vous rappeler la répartition des systèmes juridiques dans le monde (Wikipedia).

 

Source : Common law - Wikipédia


Chez Simon Associés, nous croyons au potentiel des Legaltech françaises. Pour cette raison, le Cabinet est actif dans le secteur depuis sa genèse. Ce n’est que le début, et nous espérons qu’émergeront bientôt des géants français de la Legaltech.

 

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